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Société : essai sur les idéologies et dogmes, la morale et la justice

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Auteur : Shell
Mots-clefs : Dogmes Justice Morale 
Date : juillet 27, 2020 Mise à jour août 26, 2020

Voici un petit essai sur ces différents thèmes. Avertissement : je suis moi-même un idéologue, car j'ai des croyances et un système de pensée. Normalement il faudrait une vie entière pour parler correctement d’un sujet aussi vaste, donc soyez indulgent, cet exercice de réflexion s’est fait sur un temps relativement court et je ne prétends pas ce que je dis soit juste, j'essaye juste de donner tout au plus une piste de réflexion.

Idéologie et dogmes :

Pour commencer quelle est la définition d’idéologie ? selon le centre national de ressources textuelles et lexicales (toutes les définitions sont tirées de source : https://www.cnrtl.fr/ ) :


  1. Dans le sens philosophique : Science des idées (au sens général des faits de conscience), de leur nature, de leur rapport avec les signes qui les représentent, et surtout de leur origine ( qu'elles tirent de la seule expérience sensible, continuation du sensualisme de Condillac).

  2. Dans le sens usuel : Ensemble plus ou moins cohérent des idées, des croyances et des doctrines philosophiques, religieuses, politiques, économiques, sociales, propres à une époque, une société, une classe et qui oriente l'action.

  3. Le sens usuel est souvent lié à une appréciation négative.

    1. Dans la philosophie marxiste, par opposition aux faits économiques, à la science et à l'infrastructure, seule déterminante.

    2. Cette dépréciation vient aussi du sentiment que l’idéologie est souvent exploitée pour de la propagande ou pour satisfaire des aspirations intéressées.

    3. Par opposition à la philosophie, dont l'idéologie apparaît comme une vulgarisation. Les idées sont encombrées d'idéologies, d’abstractions immobilisées et simplifiées pour une vaste consommation, qui modèlent les esprits et y résistent à la création spirituelle. Citation de J.Monnerot "l'idéologie est à la philosophie dans un rapport comparable à celui de la vulgarisation à la science "

    4. Par opposition au sens des réalités; théorie vague et nébuleuse, portant sur des idées creuses et abstraites, sans rapport avec les faits réels.



Le terme original « philosophique » est incontestablement noble, malheureusement ce terme semble être devenu dépréciatif par la suite. Il est difficile de dire pourquoi ? Remarquez que souvent des entités vont s’approprier des termes positifs comme : "vision", "projet", "droit humain" (ou un ancien terme, passé de mode, qui était "le bon stress") pour un but rhétorique. Ainsi à force d'utiliser un terme connoté positivement pour des faits négatifs et/ou pour une utilisation "malhonnête", ces termes deviennent à leur tour négatifs et péjoratifs. Il est possible qu’une partie du sens négatif de l'idéologie provienne de cette utilisation.

Néanmoins, le sens 3.3 n'est pas péjoratif, à mon avis. En effet, c'est un principe fondamental et légitime que de simplifier les problèmes si ceux-ci sont trop complexes). Cependant il faut juste garder à l'esprit que toute théorie n'est qu’une représentation de la réalité ; elle comprend toujours une part d’erreur/imprécision. Il me semble qu'il vaut mieux avoir un plan imparfait que pas de plan du tout (à condition de faire les ajustements en fonction de la situation).

Faut-il condamner ceux qui prônent une idéologie ?

Je pense que l'on ne doit pas le faire parce que :


  1. Tout le monde a le droit à l'erreur (bien malin celui qui n'a jamais commis d'erreur). L'apprentissage implique nécessairement des erreurs. Interdire l'erreur, c'est empêcher les personnes d'apprendre, de changer et de s’améliorer. Si on ne peut plus penser différemment, on s’enchaîne à l'immobilisme du dogme consensuel. De plus je crois que personne n'a absolument raison, c'est-à-dire sait honnêtement avec absolue certitude que ce qu’il dit est absolument général (dans le sens complet) et/ou irréfutable (jamais on ne trouvera une meilleure explication)

  2. Des idées différentes permettent de tester, de renforcer ou d’affaiblir les idéologies par la réfutation. Cet outil est central à la raison. Avec l’arrivée d’idées nouvelles on parvient de plus en plus près à une conception parfaitement juste. Même une idée fausse peut être bénéfique. Par exemple, par l’identification de la formation des biais qui ont conduit a cette erreur raisonnement et grâce à la réflexion qu'elle provoque (par exemple : elle peut être une réponse fausse à un problème, mais ce problème peut avoir été négligé par une autre idéologie).

Faut-il condamner un action basée sur une idéologie ?

Dans l'absolu, personne n’agit sans idéologie. Lorsque quelqu’un agit en fonction de ses connaissances, expériences et de son idéologie, qu’il s’est efforcé de supprimer ses propres biais (par exemple en se remettant en question) et que cela l’amène à une solution que les avis externes ne parviennent pas à réfuter je ne vois pas pourquoi il n’agirait pas en conséquence.

[Par contre s'il est convaincu que telle action est la meilleure et qu'il est capable de la faire mais ne la fait pas, il se condamne lui-même.En effet, même si l’action pourrait être juste selon la Morale, la démarche de cet action est contre toutes morales. Si les gens agissent ainsi de façon majoritaire, il n’y a plus aucun moyen d’atteindre/améliorer une morale dans une moindre mesure cela implique aussi une impossibilité de former une société. Je suis convaincu qu’il est plutôt favorable d’avoir une morale et société imparfaite que rien du tout (monde sans lois). ]

Comment gérer les biais ?

Dans le cas où les individus élimineraient volontairement les informations orientées et biais personnels dus à des pressions externes et internes, on aurait beaucoup moins de problèmes sur les cas non-moraux.

Pour éliminer les biais personnels des individus quels qu’ils soient, la société a mis en place des systèmes pour compenser les problèmes de biais. Ainsi en sciences on utilise une conjonction de méthodes expérimentales et de logique pour confirmer ou discréditer une théorie.

Le degré de certitude peut être très élevé lorsque les systèmes étudiés peuvent être facilement isolés de toute autre influence et sont simple. Par exemple en physique on peut obtenir des certitudes avec des probabilités très élevées, même si de nombreux éléments demeurent incompris malgré les puissants moyens d'étude dont on dispose.

Les facteurs limitants sont premièrement d’isoler un phénomène, deuxièmement de le reproduire par des expériences similaires et finalement de reproduire celles-ci par différents expérimentateurs (puis de tester les limites du système).

Un des domaines où isoler un élément devient difficile, où l'on ne peut reproduire que partiellement les situations, est la médecine. On ne peut traiter une partie du corps sans considérer les autres, de plus chaque individu réagit différemment. Dès lors les analyses deviennent très complexes et les certitudes diminuent d'autant. Il y a toujours moyen de faire des expériences et des études significatives mais la certitude n’est jamais absolue.

Quand la certitude diminue, les intérêts et les biais s'initient dans la sciences et naissent alors des débats, comme récemment les avis divergents sur la chloroquine, ou de graves erreurs, comme avec l'anthropologie et le Darwinisme du temps du colonialisme, qui affirmaient que certaines populations étaient plus intelligentes que d’autres, à l’aide de certaines « preuves » scientifiques... Cela montre que les idées provenant de sciences où l’interprétation est plus souple peuvent être davantage influencées par des facteurs émotionnels et ceux-ci dominent parfois les résultats. Ainsi les résultats qui renforcent l'opinion du chercheur ou du commanditaire auront moins de risque d'être sanctionnés que ceux qui vont à l'encontre de celle-ci (dans la grande partie des cas c'est un phénomène inconscient). Ainsi moins la certitude est élevée et plus la politique/les convictions/les intérêts ont d'influence dans les résultats.

Morale et justice

Maintenant venons-en à la morale, objet qui ne peut être traité scientifiquement puisque :


  1. Il n'existe pas d'expérience qui montre la "bonne morale".

  2. Chaque situation est unique et incomparable.

Dans le premier point, on pourrait imaginer une expérience avec des animaux, mais le problème est de savoir comment interpréter cette situation ? En effet, on ne peut lire dans les pensées de l’animal. Réagit-il avec de bonnes ou de mauvaises intentions ? Comment interpréter la situation et porter un jugement moral objectif sur une situation ? L'animal a-t-il vraiment une conception morale équivalente à un humain ?

En ce qui concerne la théorie morale, elle est vouée à l’échec. En effet, selon les théorèmes d’incomplétude de Gödel, si une théorie est basée sur des axiomes (vérités supposées évidentes), alors il y aura une infinité d’éléments sur lesquels elle ne pourra rien dire. De plus, selon le même théorème, une théorie cohérente ne peut démontrer sa propre cohérence. Ainsi il n’y aura jamais de certitude qu’une théorie morale est juste, et dans une infinité de cas, la théorie morale ne saura choisir entre « bon » ou « mauvais ». De plus, on constate que des théories morales semblant cohérentes se contredisent entre-elles, il semble que la moralité découle du choix des axiomes, lesquels sont par définition indémontrables.

La morale n'est donc connaissable ni par expérience, ni par théorie, ainsi il n'y a pas de Morale cognoscible. Cependant, mon expérience me montre qu'un grand nombre de personnes sont convaincues que la Morale existe, je prends donc la position suivante : la Morale existe mais n'est ni démontrable, ni connaissable. Dans l'impossibilité de prétendre une Morale, elle ne devrait concerner que les individus et ne pas être imposée à l’ensemble d’une société.

D'ailleurs ceux qui promulguèrent ? la laïcité avaient bien vu que la Morale collective du clergé ou d'autres religions ne fonctionnait pas. En effet, les laïcs avaient remarqué que lorsque la Morale collective s'emparait du pouvoir, cela se faisait toujours au détriment de la population.

Il est peut-être utile de rappeler ce que veut dire le terme « religion » :


  1. Rapport de l'homme à l'ordre du divin ou d'une réalité supérieure, tendant à se concrétiser sous la forme de systèmes de dogmes ou de croyances, de pratiques rituelles et morales

  2. Forme particulière que revêt pour un individu ou une collectivité cette relation de l'homme au divin ou à une réalité supérieure.

  3. Doctrine, philosophie proposant des valeurs considérées comme absolues; valeur érigée en absolu, à laquelle on voue un respect quasi religieux.

Ainsi, comme on peut le lire au troisième point, une religion n'est pas forcément vouée à un être divin ; selon la définition on peut être autant religieux en parlant de Dieu que de la Morale ou du Monde des Idées,... Ainsi on a eu la formation des régimes totalitaires telle que le Nazisme (culte de la race et de la personne) et le Stalinisme (culte de l'état et de la personne). À mon avis les dogmes individuels ne sont pas en cause car dans toute société , les citoyens ont des dogmes divers et variés, mais ceux-ci n'ont généralement pas conduit à des atrocités en d’aussi grandes proportions.

Une erreur individuelle cause peu de dégâts comparativement à une erreur collective. En effet, les dogmes collectifs, ont fait de nombreuses victimes tout au long de l’histoire. Par exemple au Moyen-âge, croisades catholique/islam et les guerres entre protestants et catholiques qui pourtant reconnaissent le même Dieu. C’est pour cette raison que je pense que les institutions ne devraient pas se faire le porte-parole de la Morale. Si les systèmes religieux ou dogmatiques passés ont échoué tout au long de l’histoire, il est très peu probable qu’il y en ait un qui réussisse.De plus, il est impossible de savoir si l’échec est due à une mauvaise morale (voir le début de la section) ou une mauvaise structure sociétale.

Maintenant que faire ? L’anarchie n'est pas souhaitable, car malheureusement dans les états au contrôle faible se développent souvent des zones de guerre civile et/ou de vendetta (loi du plus fort). A l’opposé, le totalitarisme et ses dogmes collectifs nuisent à la majorité des citoyens (il est donc juste la version collective de la loi du plus fort).

Malheureusement je ne vois pas comment permettre à une société de se développer sans dogmes car, pour la préservation de la société et du vivre ensemble. il faut s’accorder implicitement ou explicitement sur des dogmes collectifs. Dès l’existence de ceux-ci, il existe un risque de dégâts considérables sur l’ensemble des citoyens. On peut même se demander si le seul dogme de faire société ne conduit pas inéluctablement aux dérives. Dès lors la seule solution me semble la création d'un système capable de changer ses dogmes relativement facilement, par des référendums et des initiatives (le dépôt doit être accessible à une minorité de la population et voté à la majorité). Cependant la majorité citoyennes peut rencontrer des difficultés à se forger une opinion, surtout si les médias/les sources d'informations ne sont pas neutres et fiables. En effet, l'intelligence collective s'exprime correctement uniquement lorsqu'il n'y a pas de formation de partis (consensus), lesquels affaiblissent la discussion génèrent la polarisation. Quant aux élections, les systèmes présidentiels conduit à la création de deux groupes opposés, ce qui nuit au débat et à la diversité d’opinions et tend quasi inévitablement à générer d'importants conflits.

Le meilleur système d’élection démocratique est probablement le vainqueur de « Condorcet randomisé » qui permet une segmentation plus grande du nombre de partis  et favorise une riche variété de systèmes de pensées au sein des gouvernements. Cela diminuerait la probabilité d'avoir des dogmes collectifs immuables.

Dans l’idéal, personne ne devrait pouvoir influencer les opinions via des pressions économiques, médiatiques, militaires.D’où la nécessité de partager les responsabilités entre plusieurs acteurs de systèmes de pensées différents. Il est extrêmement difficile de trouver des solutions convaincantes et parfaites !

La question suivante est : que proposer aux individus dont l’opinion est minoritaire, qui n’adhèrent pas au dogme moral collectif ? Puisque personne ne peut prouver une morale ? À mon avis le meilleur moyen est d’avoir une grande variété d’États , ainsi ces personnes pourraient se rendre dans un État où les valeurs leur seraient proches. La vraie catastrophe serait que tous les États se trompent dans leur morale et qu’il existe bel et bien une seule Morale non prouvable...

Admettons que l'on a trouvé un système qui prévient l'arrivée de dogmes collectifs immuables. Maintenant comment faire la justice quand on ne sait pas sur quelle moral se baser ? Après une courte réflexion voici les points qui me viennent à l’esprit. Ceux-ci sont pour la plupart déjà appliqués bien que de façon imparfaite.


  1. Éviter autant que possible les jugements :

    1. Encourager les arrangements et les résolutions à l'amiable

    2. Éviter les jugements sur les affaire bénignes. Car le jugement, par manque de connaissance de la morale, risque de créer plus d'injustice par que la situation initiale. Par exemple, lors d’un jugement sur une opinion paraissant abjecte et/ou fausse – on ne parle pas ici de harcèlement ou d’insulte- , on risque de tomber dans le piège du dogme collectif immuable.

    3. Éviter que le système judiciaire soit détourné à d’autres fins que la « justice »(cohésion sociétale). Par exemple : utilisation pour des profits, élimination d’adversaires politiques,...

    4. Les peines doivent être suffisamment exemplaires afin de diminuer la criminalité.

    5. Pas de procès sans preuves.

    6. Éviter les recours qui n'apportent pas d'éléments nouveaux.

    7. Privilégier la raison, évitez de baser le jugement autant que possible sur des objets portant sur de l’émotion et de la morale.



  2. Éviter les jugements ayant des effets de bords 

    1. Veiller à ce que la décision du procès ne crée pas un dogme immuable.

    2. Éviter que la population/les entreprises doivent ensuite payer les conséquences du jugement, par exemple si celui-ci instaure ensuite des normes coûteuses uniquement pour se dédouaner d'un futur procès. (Une illustration comique : certains manuels d’utilisation des micro-ondes indiquant que l'on ne doit pas y placer des animaux...)

    3. Préserver la confiance dans le système judiciaire pour éviter la vendetta. On peut arriver à cet situation en faisant une justice à deux vitesses (privilégiant une catégorie d’individus vis-à-vis d’une autre).

    4. Éviter que le jugement discrédite un ou plusieurs jugement(s) précédent(s), à moins que les conventions acceptées tacitement aient changé ou qu’il y ait eu une erreur manifeste lors des jugements précédents.



  3. Indépendance de la justice (éviter les biais)

    1. Protéger les acteurs décisionnels face aux pressions (par exemple, ne pas laisser les auditeurs non impliqués voir les juges, protéger ceux-ci suffisamment pour qu’ils ne se ne sentent pas menacés dans la vie de tous les jours)

    2. Condamner les malfrats qui font pression et/ou corrompent la justice, condamner l’ utilisation de procès à des fins politiques, médiatiques, sensationnalistes, punir sévèrement les menaces,...

    3. Éviter les conflits d'intérêt : les acteurs décisionnels ne devraient pas être des personnes publiques (politicien, artiste, romancier, activiste, défendant un cause morale,…).



Conclusions

En résumé, faire société nécessite au moins un dogme collectif, afin d’ éviter les règlements de compte (vendetta et guerre civile).

La solution pour éviter que les dogmes collectifs ne deviennent immuables est de permettre l’intervention des citoyens dans le système étatique par des élections et référendums. De plus il est nécessaire de maintenir un média d'information le plus neutre possible et de favoriser le plus grand nombre de partis possible afin que le libre arbitre des gens soit le plus élevé possible (condition importante pour que l'intelligence collective prenne place).

Faire société implique la création d’instances de résolutions des conflits. Comme il n'est pas possible de connaître la morale objectivement, même s'il existe une Morale absolue (s’il n’en existe pas, le constat est cependant le même), dès lors on ne peut juger que de façon imparfaite. Dans ce cas, il faut encourager les arrangements à l'amiable pour diminuer le nombre de jugements. Dans tous les autres cas, même si on ne connaît pas la Morale, le fait de diminuer les biais devrait permettre de rendre des jugements plus cohérents et rationnels. Les peines doivent être suffisamment importantes pour limiter les crimes futurs et donc les jugements futurs. Ainsi on constate que le système judiciaire, dans les hypothèses évoquées, n'est pas là uniquement pour faire justice, mais pour encourager les gens à vivre ensemble et à rechercher des arrangements. Cette description de système reste malgré tout un système totalitaire, mais proposé/accepté par la majorité démocratique, laquelle peut parfois commettre des erreurs (certes moins qu'un tyran ou une caste d'élites). Une manière d’éviter les erreurs réside dans la qualité de l’information, la variété d’opinion et la répartition des pouvoirs.

Une question demeure : que proposer aux minorités qui ne sont pas d’accord avec le dogme majoritaire ? Une solution acceptable à mon avis serait que les individus puissent se déplacer entre différents pays ayant des morales différentes, afin de trouver celui qui serait le plus en adéquation avec leurs valeurs.

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Les étudiants acquiescèrent d'un signe de tête, marquant vigoureusement leur accord sur une affirmation que plus de soixante-deux mille répétitions leur avaient fait accepter, non pas simplement comme vraie, mais comme axiomatique, évidente en soi, totalement indiscutable.
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