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Effondrement de l'URSS

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Auteur : Shell
Mots-clefs : URSS Effondrement Économie État 
Date : octobre 31, 2020

Cette article est une traduction résumée (désolé si j'ai déformé les propos de l'auteur, mais cela peut arriver) de l'article : "Explaining Soviet collapse" de Neil Robinson. Ce document était à l'origine prévu a paraître dans le livre "Contemporary Russian Politics".

Explication de l'effondrement soviétique

La perestroïka est acceptée par la majorité comme une réforme initiée suite aux conditions économiques déclinantes. Les soviets ayant perdu du pouvoir à l’international par rapport à leurs rivaux (de la guerre froide), les problèmes sociaux se sont accumulés et une réforme politique pour gérer certains sinon tous les problèmes s’avérait indispensable. Ce qui sépare les analystes est de savoir si l’effondrement de l’URSS qui en a découlé était inévitable, ainsi que son étendue et sa nature. Une question qui fait débat et de savoir si l’URSS était un échec dès sa conception. Certains postulent que le système était anormal, qu’un système stable demande la normalité et que la normalité demande le consenti. Quelques observateurs affirment que cet effondrement est une conséquence de l’action de Gorbachev.

Point de vue essentialiste : L'effondrement inévitable

Traditionnellement les systèmes politiques non-démocratiques ont des structures centralisées par le pouvoir politique, excluant la population du processus décisionnel où les ressources sont distribuées en fonction des préférences des dirigeants. En général ces pouvoirs se maintiennent par la violence et les abus des droits humains, lesquels sont limités par les ressources allouées pour contrôler la population. De plus, ils contrôlent souvent de nombreux domaines (autres que politiques) comme économiques, religieux, … Les systèmes totalitaristes sont une extension de ces régimes non démocratiques. Friedrich et Brzezinski pensent que les régimes totalitaires futurs seront pires que les anciens. On a vu que ces régimes ont les moyens de transformer la société et l’économie, à l’image de l’exemple stalinien. Mais désormais, le contrôle des médias de masse, de la technologie (militaire), fait qu’il y a un fossé (de pouvoir) entre la population citoyenne et le gouvernement.

Quant aux régimes autocratiques et tyranniques, ils se distinguent du totalitarisme par le manque d’envie de transformer la société selon une idéologie, les signes de ce désintéressement idéologique sont l’existence d’institutions indépendantes (comme par exemple les églises) qui n'interviennent ni dans l’économie, ni dans la politique.

Friedrich et Brzezinski argumentent que le totalitarisme est un schéma aux traits interreliés; d’autres systèmes présentent quelques unes de leurs caractéristiques, mais seul le totalitarisme les partage toutes, c’est-à-dire :


  1. Une "idéologie officielle" qui est déclamée comme scientifique à laquelle tout le monde doit adhérer et qui donne une interprétation de transformation du monde pour créer un état parfait.

  2. Un parti unique conduit par un seul homme et lié à la bureaucratie gouvernementale, dédié à l'idéologie.

  3. Un système de contrôle des terroristes (police) dirigé aussi bien contre la société que les ennemis traditionnels.

  4. Un monopole des moyens de communications des masses

  5. Un monopole des moyens militaires

  6. Un contrôle central de l'économie et une direction de celle-ci via la coordination bureaucratique


La combinaison de ces points, selon cette théorie, mène à un système non favorable aux changements et développements politiques. La société sous pression de se conformer à l’idéologie est fragmentée par la police terroriste et les connexions sociales s’effondrent. Cette société atomisée manque de ressource pour forcer un changement (la révolution devient impossible). De plus même si des élites politiques de haut niveau apparaissent, il est très peu probable qu’ils aillent à l’encontre de l’idéologie, ils semblent plutôt incapables de diriger de façon légitime sans utiliser l’idéologie et la violence. L’impossibilité de changement dans un système totalitaire crée une impasse politique.

Dans le cas de l’URSS, le projet de construire le communisme était impossible et cette impossibilité d’atteindre le but transforma l’URSS en état totalitaire, couvrant ses échecs par le contrôle et la violence. Un système totalitaire ne peut fonctionner que si toutes les parties du schéma se protègent les unes des autres. Si une partie du système se désolidarise, il y a un effondrement de la logique de cohérence sur laquelle le système repose. La diffusion du contrôle dans un des domaines amène des changements dans d’autres domaines. Dans cette perspective, la venue de Gorbachev fut un révélateur de l’effondrement de l’URSS; lui-même a juste introduit la glasnost, ce qui a cassé le contrôle du parti sur les médias de masse. L’URSS ne pouvait pas survivre à la liberté d’expression. Bien sûr les experts ont des avis divergents sur ce sujet : par exemple Karklins (1994) pense que c’est la glasnost, pour Laqueur (1994) et Hollander (1999) c’est la perte de la croyance dans le gouvernement soviet, alors que pour Malia (1994) l’effondrement proviendrait d’un déclin économique et d’une perte de puissance qui a érodé l’idéologie. Ainsi les interprétations sont nombreuses, cependant il est certain que la politique et l’économie ont érodé l’idéologie et la volonté d’utiliser la violence comme contrôle politique et idéologique. Ce raisonnement est basé sur le fait qu’un gouvernement ne peut être que totalitaire ou non-totalitaire (sans intermédiaire). Bien sûr ces points de vue émanent plutôt d’auteurs anti-communistes, cependant les experts pro-marxistes ont aussi des versions sur l’effondrement de l’URSS. Il se dégage que pour eux l’effondrement vient, de la perversion des principes socialistes, de l’utilisation de la violence comme moyen de contrôle, des contradictions sociales (les dirigeant se comportaient comme des capitalistes), de l’incapacité d’être militairement performant comparativement aux rivaux et du fait que le système économique n’était pas viable. Il est intéressant de noter que les bureaucrates de l’URSS ont utilisé les moyens d’état pour s’enrichir lorsque l’URSS commença à décliner.

Point de vue évolutionniste : l'évolution d'un état n'est pas prévisible

Selon ce système d’analyse, l’URSS s’est effondrée par accident. La différence avec le point de vue précédent est que les essentialistes traitent l’état soviétique et le système comme un tout, l’effondrement de l’un entraîne donc celui de l’autre. Dans le point de vue évolutionniste, par contre, on voit d’abord l’effondrement du système soviétique (le parti dirigeant qui planifie) puis de l’état.

Ainsi un ensemble de décisions du parti soviétique créa les circonstances pour détruire l’état soviétique. Cependant il n’est pas évident qu’il y ait un état et un système soviétique séparé (ce qui est problématique pour cette approche). L’approche évolutionniste de l’effondrement de l’URSS, le voit comme un changement dans la production et la croissance économique. L’état est passé de système agrarien à l’état industriel au temps de la perestroïka. D’une certaine manière l’URSS suivait le chemin de la modernisation comme les autres pays, bien qu’utilisant des méthodes particulièrement violentes à l’encontre de sa population. Le développement économique crée de la complexité sociale, l’URSS n’a pas réussi à s’adapter suffisamment. Les adaptations provenaient uniquement du système soviétique en interne.

Certains partisans de cette thèse, comme Alexander Dallin (1992), pensent que l’URSS a su faire face à plusieurs crises durant son existence. Mais divers facteurs conjoints dans les années tardives de 1980 ainsi que l’arrivée de Gorbatchev ont amené l’effondrement. Ainsi celui-ci aurait été dû aux choix des dirigeants et aux circonstances.

Archie Brown (1996) met l’accent sur le rôle de Gorbachev et sa croyance dans le besoin d’un changement fondamental au sein de l’URSS. Ceci, selon Brown, amena l’adoption de politiques qui rognèrent le communisme. L’URSS n’était plus un système communiste quand elle s’effondra. Le système communiste avait été réformé par Gorbachev lequel perdit les élections face à Yeltsin qui lui détruisit l’union soviétique.

De nombreuses indications montrent que bien des éléments essentiels du système politique soviétique avaient disparu en 1990 et que ce qu’il restait de l’union soviétique était uniquement un état. Ainsi la but de la compétition politique de 1991 était le maintien de l’existence de l’état soviétique plus que du communisme. On ne peut affirmer que l’effondrement de l’URSS soit dû à une seule personne. En effet les politiciens ont souvent des discours imprévisibles et contradictoires, il est donc très difficile de connaître leur vraie croyance. Ainsi la plupart de la littérature sur le sujet s’est focalisée sur le fait que l’effondrement était dû à la situation politique (réformes, rivalités) ainsi qu’au contexte particulier de cette époque.

Un point commun de tous les arguments est que les réformes détruisaient le contrôle politique de telle sorte qu’en 1980 les problèmes que l’URSS devait surmonter devinrent fatals. Il est possible que l’union soviétique ait survécu plus longtemps si de meilleures réformes avaient été entreprises, bien que le système fut fondamentalement défectueux, selon Ellman et Kontorovich (1992). Quand le parti fut sous le feux de la critique, celui-ci ne voulut pas se confronter aux problèmes issus des ambitions et dysfonctionnements du communisme, car les résoudre aurait impliqué de perdre la légitimité.

Pour Philip G.Roeder, le système post-Staline était un Politburo supporté par de petits bureaucrates. Ainsi les dirigeants dépendaient des bureaucrates, qui à leur tour soutenaient les dirigeants. Bien que cette coalition ait rendu la politique soviétique stable, elle l’a rendue aussi moins adaptable avec le temps, car chercher à résoudre les problèmes économiques et améliorer la position internationale amenait à menacer les petits bureaucrates dont les dirigeants dépendaient. Ce qui rendait les réformes inefficaces puisque que les politiques défendaient leurs supporters.

Le problème avec la réforme de Gorbachev était que celle-ci était constitutionnelle et non purement économique. Elle avait pour but d’équilibrer les pouvoirs à l’intérieur de l’état. Ce faisant, elle déstabilisa le régime qui se fragmenta. La bureaucratie, quant à elle, bloquait la réforme. Ces désaccords prirent de l’ampleur politiquement, à tel point qu’il n’y eut plus d’acceptation de l’état soviétique.

Pour Leslie Holmes (1993) la crise des institutions soviétiques était une crise des légitimité déclenchée par une tentative de combiner croissance économique et parti communiste. Le but était de lutter contre la corruption du gouvernement. Le problème est que les luttes anti-corruption visaient uniquement des buts politiques, par conséquent aucune amélioration n’en découla, mais elle permit d’identifier le parti comme responsable des problèmes économiques, ce qui provoqua un clivage entre les haut-fonctionnaires (police, justice, militaire, administration) et les dirigeants du parti. Ces officiels, perdant leurs privilèges, accusés à tort ou à raison, ont alors déserté.

Steven Solnick (1998) argumente que l’effondrement de la puissance soviétique provient ces haut-fonctionnaires qui, sachant qu’ils n’étaient pas punis quand ils agissaient pour leurs propres intérêts, commencèrent à piller l’état quand ils virent que la puissance du parti communiste déclinait, ce qui fit "disparaître" les biens publiques dans des mains privées.

Stephen Kotkin (2001) soutient que les réformes de Gorbachev étaient vouées à l’échec car il n’était pas possible de transformer le système soviétique en un socialisme humain qui n’avait jamais eu l’occasion d’exister. De plus l’effondrement des prix du pétrole en 1980 a aussi empêché « d’acheter »s les groupes mécontents, ce qui cependant n’aurait probablement pas suffi.

Initialement les mouvements nationalistes étaient favorables aux réformes de Gorbachev. En effet le système soviétique avait échoué à apporter les changements nécessaire. Par la suite la mobilisation nationaliste se répandit de façon incontrôlable et brisa l’URSS. L’effondrement soviétique n’était pas pré-ordonné mais suivit les changement institutionnels et l’URSS se sépara en 15 états.

La nature de l'effondrement

Un changement politique radical est plus que la fin d’un ordre ancien, il décrit aussi l’émergence d’un nouvel ordre socio-politique. Une révolution consiste en un effondrement du système politique (les citoyens ne sont plus loyaux envers l’état) et en un aboutissement révolutionnaire (émergence d’un nouvel état qui protège les citoyens, qui manifestent à nouveau de la loyauté envers celui-ci).

Une démocratie n’éclot que si le gouvernement non-démocratique s’effondre et qu’il y a déjà un système démocratique sous-jacent pour le remplacer. Il est difficile de parler de l’effondrement du communisme indépendamment de ce qui vient après, cet élément étant tout aussi important que la nature de l’effondrement.

L'effondrement communiste est-il une révolution ?

L’effondrement entre 1989 et 1991 des pays de l’Est partage des similarités avec les révolutions classiques du type de celles qui se sont produites en France, en Russie et en Chine, mais compte aussi des différences importantes.

L’idée que les révolutions sont le produit de forces structurelles est associée à Theda Skocpol (1979). Les révolutions sociales résultent de l’échec des états à être en compétition internationale avec les états les plus avancés. La compétition avec ces états mettent à rude épreuve leur économie et réduit ainsi leur moyen de contrôler leur population via la violence.

Les révolutions les plus spectaculaires ont lieu quand l’état est économiquement ruiné et qu’en même temps la puissance militaire – en tant qu’institution de contrôle par la violence- est affaiblie. Cela crée un vide où de violentes forces se battent pour asseoir leur pouvoir et imposer leurs idées, afin de pouvoir entrer en compétition avec les acteurs internationaux. La révolution implique un renouveau des moyens sociaux, économiques et politiques par la reconstruction de l’état, favorisant un système financier plus sûr.

L’effondrement du communisme partage de nombreux éléments d’une révolution sociale (Goodwin 1994, Goldstone 2001). On remarque que l’URSS a subi un repli économique et militaire par rapport à ses rivaux. La guerre en Afghanistan lui fit perdre de la puissance militaire, en plus de saper la confiance en celle-ci. De plus l'affaiblissement de la force de coercition a participé à l'effondrement de la fédération soviétique. L’effondrement de l’union soviétique était une crise sociale, économique et politique. Celle-ci demandait un remplacement des structures étatiques précédentes. Les demandes de souveraineté faites à l’encontre de l’état soviétique par les autorités républicaines étaient le miroir des demandes de souveraineté des groupes ethniques et territoriaux en Russie. Il a été appelé le nationalisme matrioshka, car dans chaque nationalisme se trouve un autre nationalisme qui attend d’être relâché, ce qui voulait dire que la Russie n’avait jamais réellement existé en temps qu’unité politique et économique.

L’émergence de la Russie a été très différente des révolutions sociales classiques. En effet les révolutions classiques commencent par un mobilisation massive parmi toutes les classes sociales qui conduit à un niveau de violence et une guerre sociale, les classes sociales précédemment subordonnées attaquant et détruisant les fondations sociales du régime précédent (les dirigeants et leurs supporters). Ces mobilisations de masses sont souvent déstructurées dans leur phase initiale, mais s’organisent par la suite.

En Russie la mobilisation était sporadique plutôt que permanente, et mobilisait peu la population. Les identités ethniques, régionales, sectorielles et politiques étaient plus importantes que les identités de classes . Les rares mobilisations de masse était hautement contrôlées par la bureaucratie. En dehors des villes principales, les manifestations étaient faibles. La population utilisait plutôt son droit de vote nouvellement acquis pour amener des changements qui l’éloigneraient du système soviétique. Elle pouvait davantage s’exprimer de façon critique contre le système dans les médias. La violence n’a pas été utilisée pour détruire la puissance de l'ensemble de la vieille élite, elle s'est principalement focalisée sur l’élite du système soviétique central.

Les changements d’élites régionales et des organisations économiques furent très faibles si ce n’est nuls. La révolution était contre quelque chose de spécifique du système soviétique mais était de vague généralité, comme l’idée d’une démocratie et d’un marché. La compréhension de ces choses était souvent définie comme négative. Ainsi la révolution fut sans idée novatrice. Le manque d’élite pour changer le système ainsi que la pauvreté idéologique qui ne suffit pas à mobiliser suffisamment conduisent souvent à de maigres réformes.

L'effondrement soviétique et la transition démocratique

Des changements politiques radicaux basés sur l’élite politique plutôt que sur des mobilisations de masse sont généralement limités et induisent davantage un changement de régime politique qu’un vrai changement de société.

Les études les plus influentes sur la transition démocratique furent données par O’Donnell et Schmitter (1986) Linz et Stepan (1996) Karl et Schmitter (1991). Le schéma de transition des pays étudiés concerne en général des régimes non-démocratiques qui entament la transition lorsqu’ils sont confrontés à un problème qui nécessite des réformes politiques. Celle-ci conduit à une séparation entre les élites favorables à cette évolution et les autres. Après l’introduction de la réforme, de nouveaux acteurs politiques peuvent émerger. Ceux-ci s’allient avec des réformateurs, ce qui change peu à peu la balance du pouvoir, favorisant les transformations politiques. Le processus de libéralisation doit pouvoir se poursuivre jusqu’à la démocratisation sans que les conservateurs ne se retirent du processus par peur de perdre de l’influence.

Si ce dernier cas arrive, la démocratisation devient impossible ; émerge alors soit une forme plus souple du gouvernement autoritaire, soit un changement de personnes au pouvoir, soit une simple confusion. Ainsi la transition ne garantit pas la démocratisation. Les chances de succès dépendent du type de régime autoritaire, moins il est marqué plus les chances démocratiques sont évidemment importantes.

L’effondrement de l’URSS présente des éléments similaires avec les réformes de Gorbachev, qui a pu parler de réforme comme demokratizatsiya. Le système avait bien une fragmentation des élites et l’émergence de nouveaux partis. Des alliances se sont amorcées entre différents partis. L’effondrement de l’URSS n’a pas été une transition aboutie, ceci étant probablement dû à l’explosion de l’organisation sociale durant la période de la perestroïka au cours de laquelle le développement de la société civile était faible suite aux répressions historiques infligées par le PCUS (le parti soviétique). Le pluralisme économique était faible à cause de la planification centrale et les rudiments de l’économie de marché avaient besoin d’être construits.

Bien que certains états de l’Est aient réussi à s’intégrer économiquement relativement rapidement, par exemple la Hongrie et la Pologne (elles avaient des activités économiques privées non supprimées par le communisme). Quant à la transition sociale, dans les états ayant un aspect nationaliste contre la domination soviétique et/ou une tradition nationale démocratique, elle a pu se développer, comme en Pologne, Hongrie, Lituanie, Lettonie, Estonie et Tchécoslovaquie. Ces nations ont réussi à reconstruire leur système démocratique (McFaul, 2002).

La Russie n’avait aucun des avantages démocratiques dans le cœur du pouvoir politique et économique. Il n’y avait pas de lien entre nationalisme et démocratie comme c’était le cas dans certains pays de l’Est. C’était plutôt l’inverse, les nationalistes étaient favorables à l’URSS. La planification a juste été affaiblie par Gorbachev et l’URSS était peu exposée économiquement internationalement en comparaison d’autres états européens de l’Est. Une faible mobilisation combinée au manque d'intérêt des acteurs économiques conduisirent à une stabilité des élites du pays.

Conclusion

Ni les arguments des essentialistes ni ceux des évolutionnistes sur l’effondrement de l’URSS ne peuvent être discrédités. Ils peuvent cependant être contestables. Les défauts du projet soviétique indiquaient que sa survie était incertaine. C’est pour cela que de nombreuses prédictions de la défaite de l’URSS avaient été exprimées entre 1960 et 1970. De telles prévisions continuèrent à un rythme moins fréquent après l’effondrement du modèle totalitaire de l’union soviétique. Qui permettait une meilleure adaptation. On remarque qu’à la mort de Staline, l’URSS s’est modifiée et son système continuait d’évoluer. Ni les essentialistes ni les évolutionnistes n’ont permis de prédire quand et comment l’URSS finirait. Il est probable que de telles prédictions auraient demandé des approches des deux bords pour saisir ce qui était essentiel au système soviétique, pour prévoir  la perte de pouvoir de l’état lors de l’affaiblissement du système soviétique et entrevoir les évolutions du système qui amèneraient à l’ouragan politique de Gorbachev. Malgré tout, la fusion des deux approches ne semble de loin pas suffisante. Néanmoins on a pu constater l’importance des élites dans les changements qui ont mené à l’effondrement de l’URSS et que les conditions nécessaires pour permettre une démocratisation manquaient en l’URSS et en Russie. Bien que l’effondrement de l’état était dû à l’incapacité de se maintenir dans un environnement compétitif international, la refonte de l’administration a été mise en place par des groupes d’élites et non par des force sociales mobilisées, ancrée sur des traditions économiques et démocratiques. Les élites ont tendance à chercher des arrangements étroits plutôt que de révolutionner l’état. Ainsi le système a cherché l’équilibre entre stabilité politique et résolution de problèmes.


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En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal.
- Nicolas Machiavel