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Observation sur l'épargne

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Auteur : Shell
Mots-clefs : Épargne Économie Développement 
Date : novembre 30, 2020

Dans cet article je vous propose une traduction d’une publication sur la recherche des liens entre l’épargne et la croissance économique, ainsi qu’une courte synthèse de deux autres publications sur le rôle de l’épargne dans deux pays différents. Pour finir vous trouverez une conclusion de ma part en relation avec la situation actuelle.

Traduction de " The role of savings in economic development " de Dharmendra Dhakal, Richard Grabowskiand Michael P. Shields

1 Introduction

Les études empiriques ont suggéré une causalité unidirectionnelle entre la propension à épargner et la croissance, ainsi qu’entre la croissance et la propension à épargner. En conséquence la relation entre l’épargne et la croissance n’a pas été explorée par un modèle simultané ou par causalité jointe. Ce papier va explorer la direction de causalité et tester celle-ci avec un simple cadre de causalité de Granger.

2 Théorie

2.1 Causalité épargne-croissance

Le concept de cause à effet impliquant qu’une épargne élevée produit un croissance plus élevée rencontre une grande acceptation dans la littérature de développement et a été intégré dans des modèles formels de croissance et développement. Les modèles sont la croissance néoclassique de Solow-Swan, le modèle dit de Harrod-Domar et le modèle double de développement. L’idée de base est qu’une épargne élevée implique une croissance plus élevée du fait qu’elle permet un investissement plus élevé.

Cependant une épargne et des investissements plus élevés apportent souvent plus qu’un accroissement de la production. En général ces éléments favorisent les progrès techniques, ce point a été souligné par Ethier (1982) et Romer (1987) s’inspirant d’Adam Smith sur la spécialisation qui améliore le bien-être économique et que le degré de spécialisation est limité par la taille du marché. Dans leur modèle, l’accumulation de capital apporte le changement technologique qui peut être Harrod neutre. Une augmentation de capital permet un degré de spécialisation plus élevé et le retour de cette spécialisation est externe à l’investissement des entreprises. L’implication est que les forces compétitives conduisent à une épargne suboptimale et que le gouvernement devrait donc encourager l’épargne.

L’hypothèse sous-jacente est que l’épargne est utilisée de façon productive pour que celle-ci conduise à la croissance. Il y a de nombreuses raisons pour que cela ne soit pas le cas, les objections les plus importantes viennent de Malthus (1955) et de Keynes (1936) qui montrent que des hauts taux d’épargne peuvent réduire la demande totale au lieu d’augmenter l’investissement. Ricardo (1965) a levé une réserve en avançant que les changements technologiques peuvent temporairement diminuer l’épargne et l’investissement, même si la technologie augmente les profits. Ainsi l’augmentation de l’épargne est due à une chute de la production. Il y a également une réserve dans le modèle à deux intervalles où la croissance peut être vérifiée par un intervalle d’échange de monnaie fiats. Si une économie fait face à un intervalle d’échange de fiat effectif, alors la disponibilité de l’échange étranger et la non disponibilité de l’épargne contraint le taux de croissance de l’économie. Une autre réserve est liée à la taille limitée du marché pour la production de biens domestiques qui peut limiter l’investissement et la croissance [Nurske (1961)]. Les politiques d’importations de biens de substitutions peuvent augmenter le marché domestique pour des biens particuliers et conduire à une croissance plus importante indépendamment de tout changement exogène des taux d’épargne [Hirschman (1958)].

Malgré ces nombreuses réserves, peu de personnes douteraient que des taux d’épargne plus élevés, sur le moyen et long terme, amènent à une plus forte croissance. Les modèles dualistes de développement, qui montrent le point de vue orthodoxe, vont plus loin et postulent que l’épargne est essentielle pour la transformation économique et sociale conduisant au développement. Lewis est convaincu qu’expliquer l’épargne est nécessaire pour expliquer le développement. Il écrit « On ne peut pas expliquer une révolution « industrielle » (ce que les économistes historiens prétendent faire) tant qu’on ne peut expliquer pourquoi l’épargne a augmenté proportionnellement aux revenus nationaux. [Lewis (1954, p.155)]. Il y a effectivement une corrélation entre la propension moyenne à épargner et les taux de croissance. Cependant, comme Stern (1989) le montre, la corrélation est dépendante du groupement de pays choisis. Regarder les séries temporelles devrait apporter des informations sur l’importance des préconditions pour qu’un développement arrive par l’augmentation de l’épargne.

2.2 Causalité croissance-épargne

Deux propositions doivent être validées si la relation entre le taux d’épargne et le taux de croissance économique a une causalité allant de la croissance à l’épargne. Premièrement, il doit exister des sources importantes de croissance qui sont capables de fluctuer au fil du temps et qui sont indépendant de l’épargne. Deuxièmement, des changements de taux de croissance doivent conduire à des changements dans la propension à épargner.

De nombreux facteurs largement indépendants de l’épargne conduisent à une croissance économique plus importante, ainsi les progrès technologiques, l’amélioration de l’efficacité, la découverte de ressources naturelles et l’investissement dans le capital humain. Schumpeter distingue entre le développement et la croissance, pour lui, le développement consiste en changements discontinus dans la façon traditionnelle de faire les choses [Schumpeter (1934 p.62)]. Il voit le développement comme un processus combinant les moyens productifs sous sous de nouvelles formes ce qui le distingue de la croissance économique résultant d’un accumulation lente de capitale à travers l’épargne.

La propension à augmenter le taux d’épargne quand la croissance augmente peut être introduit intuitivement en considérant l’hypothèse du revenu permanent. L’épargne peut être écrite comme :

\(S = s_1(Y-Y_p)+s_2 Y_p\quad (2.1)\)

ou \(S\) est l’épargne totale, \(Y\) le revenu total, \(Y_p\) le revenu permanent et \((Y-Y_p)\) le revenu transitoire. \(s_1\) et \(s_2 \) sont les propensions marginales d’épargner selon les revenus. L’épargne en proportion du revenu est simplement obtenu par division de \(Y\).

\(S/Y = s_1+(s_2 -s_1)Y_p/Y\quad (2.2)\)

S’il y a une augmentation du taux de croissance de l’économie, il est assumé qu’au moins temporairement \(Y_p\) a un décalage avec \(Y\). Ainsi \(Y_p/Y\) diminue et \(S\) devrait augmenter puisque \(s_1>s_2\) et cela devrait être vrai si les consommateurs épargnent vu l’aubaine qu’ils obtiennent sur leurs flux de consommation. Ainsi un sursaut de croissance économique devient auto-entretenu du fait de l’augmentation de l’épargne des individus.

L’impact positif de la croissance sur l’épargne n’est pas toujours vrai. Par exemple, un accroissement permanent des progrès technologiques peut diminuer l’épargne. On peut tenir cet argument grâce à l’observat

ion de la consommation des individus. S’attendre à des revenus plus élevés dans le futur en anticipant des progrès technologiques peut inciter les jeunes consommateurs à moins épargner alors que leurs revenus sont encore faibles. L’impact d’un accroissement technologique permanent sur l’épargne dépend de la structure d’âge de la population. Plus la population en âge de travailler est jeune, plus la technologie va se développer, plus l’épargne sera faible.

Le possible signe de relation entre la propension à épargner et la croissance économique peut être intuitivement discutée en terme de problème de contrôle optimal, souligné dans la littérature des cycles de business. Il y a une tendance dans le progrès technologique et une déviation stochastique autour de celle-ci. Des changements dans la tendance devraient impliquer une suppression de l’épargne du fait que les personnes s’attendent à une consommation future plus abondante. Les changements stochastique autour de la tendance devraient avoir l’effet opposé, les personnes cherchant à réduire leur flux de consommation.

2.3 La direction de causalité

La causalité peut être dans les deux directions comme vu précédemment. La direction de causalité semble dépendre de la source de la croissance pour la période étudiée. Dans la section 2.1 certaines raisons laissent supposer la causalité entre l’épargne et la croissance et en 2.2 il y a des raisons que la croissance influence l’épargne. Cet article est un essai pour déterminer la direction de causalité entre l’épargne et la croissance économique en comparant les USA et le Japon. En utilisant l’épargne nationale brute en propension du PNB et la croissance du PNB.

3 Méthodologie

Supposer un vecteur d’une série temporelle stationnaire \(W_t\) consistant de deux composants : le ratio épargne-PNB (\(R_t\)) et la croissance du PNB réel (\(Y_t\)) [c’est-à-dire en prenant en compte l’inflation]. Alors on a un modèle autorégressif bivarié qui peut s’écrire comme

\(\left( \begin{array}{ c c } Y_t \\ R_t \end{array} \right)= \left( \begin{array}{ c c } \Phi_{10} \\ \Phi_{20} \end{array} \right)+ \left( \begin{array}{ c c } \Phi_{11}(L) & \Phi_{12}(L)\\ \Phi_{21}(L) & \Phi_{22}(L) \end{array} \right) \left( \begin{array}{ c c } Y_t \\ R_t \end{array} \right) + \left( \begin{array}{ c c } e_{1t} \\ e_{2t} \end{array} \right) \quad (3.1)\)

ou

\(\Phi_{ij}(L)=\sum_{k=1}^{m_{ij}}\Phi_{ijk}L\)

\(m_{ij}\) est le degré polynomial \(\Phi_{ij}(L)\), L est l’opérateur de retardement, \(\Phi_{10}\) et \(\Phi_{20}\) sont les interceptes (d’une ligne) et \(e_{1t}\) et \(e_{2t}\) sont les bruits blancs d’erreurs satisfaisants la matrice constante de covariance \(E(e_t,e_s)=\Sigma\) pour \(t=s\).

Dans le sens de Granger (1969), \(Y_t\) cause \(R_t\) si on est capable de mieux prédire \(R_t\) en utilisant les valeurs passées de \(Y_t\) et \(R_t\) au lieu de n’utiliser que \(R_t\) seul. Cela implique que \(Y_t\) cause \(R_t\) si \(\Phi_{21}(L)\ne 0\) et \(R_t\) cause \(Y_t\) si \(\Phi_{12}(L)\ne 0\). Si ces variables s’impliquent mutuellement, alors il est dit qu’il y a une relation de rétroaction entre les deux variables \(Y_t\) et \(R_t\).

Le problème majeur associé avec l’ajustement du modèle 3.1 est de déterminer l’opérateur de retardement (sa longueur) pour chaque \(\Phi_{ij}(L)\). Ici on a considéré le retardement défini par la procédure de Hsiao(1979, 1981) qui est basée sur le critère de l’erreur minimale de la prédiction finale (en :FPE) d’Akaike (1969,1970) et la définition de causalité de Granger. Selon Hsiao (1981 p.88) le critère de FPE est intéressant car il balance le risque dû aux biais quand un ordre plus petit est sélectionné et le risque lié à l’accroissement de la variance quand un ordre plus grand est sélectionné.

Premièrement on contrôle la stationnarité en contrôlant graphiquement et par la fonction d’auto-corrélation des séries originales et transformées. Dans notre cas, la série originale a été validée comme stationnaire. Puis \(Y_t\) a subi une régression sur son propre retardement :

\(Y_t=\Phi_{10}+\sum_{j=1}^{m}\Phi_{11,j}Y_{1t-j}+e_{1t},\quad t=1,2,...,T\quad (3.2)\)

\(T\) est le nombre d’observations et la longueur du retardement, \(j\) est changé de \(1\) à \(m\), le retardement maximal autorisé pour les variables. Dans cette étude, m est fixé à 6. Eq. 3.2 est estimée en utilisant la méthode des moindres carrés ordinaires. La valeur de \(j\) qui minimise \(FPE(j)\) est considéré comme le retardement optimum pour la variable \(Y_t\). Ainsi le \(FPE(j)\) est défini comme :

\(FPE(j)=((T+j+1)/(T-j-1))(SSE(j)/T),\quad (3.3)\)

\(SEE(j)\) dénote la somme des carrés dus à l’erreur correspondant à la longueur du retardement \(j\). On désigne la valeur de \(j\) être \(s\). Ainsi la longueur du retardement de \(Y_t\) est fixé à \(s\), et le retardement optimum de la seconde variable est déterminé en considérant le modèle bivarié :

\(Y_t = \Phi_{10}+\sum_{j-1}^{s}\Phi_{11,j}Y_{t-j}+\sum_{j=1}^m\Phi_{12,j}R_{t-j}+e_{1t},\quad (3.4)\)

La valeur de j qui minimise \(FPE(s,j)\) est le retardement optimal pour la variable \(R_t\) dans l’équation ci-dessus. Le \(FPE(s,j)\) pour le modèle bivarié est

\(FPE(s,j)=((T+s+j+1)/(T-s-j-1))(SSE(s,j)/T),\quad (3.5)\)

Nommons cette valeur \(r\), et le modèle correspondant \(FPE(s,r)\). Comme recommandé par Hsiao, si \(FPE(s,r)<FPE(s)\) alors \(R_t\) est dit être la cause \(Y_t\) et est ajouté dans l’équation \(Y_t\) avec le retardement \(r\). L’équation pour \(R_t\) du modèle 3.1 est fait suivant la même procédure.

Une fois la longueur du retardement approprié pour les variables des équations déterminée, le modèle (3.1) est estimé en utilisant la technique de régression linéaire dite « seemingly unrelated regresssion » ou « seemingly unrelated regression equations ». Le test de vraisemblance du ratio est appliqué pour tester l’adéquation des spécifications du modèle.

4 Résultat empirique

Le modèle 3.1 est spécifié et estimé en utilisant l’approche discutée ci-dessus. La période considérée pour les USA est de 1929-1988. Le modèle a été re-spécifié et re-éstimer pour analyser les évidences d’après-guerre des USA en ce qui concerne la relation du ratio entre l’épargne et les revenus et la croissance de la production réelle. Alternativement, le même modèle a été estimé pour le Japon sur la période 1885-1940 et 1961-1981. La moyenne et la déviation standard sont mis dans les tableaux 1 et 2.

Un examen du modèle estimé montre qu’aux USA, il y a rétroaction de la relation entre les ratios épargne-revenu et la croissance de la production. Cependant, les évidences de l’après-guerre montrent que la croissance de la production influence le ratio épargne-revenu. Le résultat du Japon montre que, dans la période d’avant-guerre, la croissance de la production cause l’épargne tandis que dans la période d’après-guerre, c’est le ratio épargne-revenu qui cause la croissance de la production.

Le tableau 3 contient les résultats de vraisemblance des tests pour le ratio avec les implications causales pour les USA . Notez que dans le tableau 3 pour la période complète de l’échantillon, les valeurs passées de \(Y_t\) sont signifiantes statistiquement en expliquant que le mouvement en \(R_t\) et vice-versa. Ainsi le ratio de vraisemblance des tests sont en adéquation avec l’hypothèse d’une causalité bidirectionnelle. Les deux dernières entrées du tableau 3 montrent qu’après la période de l’après-guerre, la croissance de la production cause le ratio épargne-revenu sans aucune rétroaction de l’épargne. Ainsi, dans la période d’après-guerre, les tests de vraisemblances du ratio sont en accord avec l’hypothèse que la croissance de la production dans l’économie implique les taux d’épargne de l’économie mais pas dans l’autre sens.

Dans le tableau 4 sont donnés les résultats des tests de vraisemblance du ratio pour le Japon. En examinant le tableau on remarque que durant la période d’avant-guerre, la croissance de la production implique les taux d’épargne tandis que dans la période d’après-guerre, la causalité est renversée.

5 Résumé et conclusions

Les résultats de cette étude montrent que le taux d’épargne implique un accroissement du PNB et que la croissance du PNB entraîne les taux d’épargne pour les USA pour la période 1929 à 1988. Cependant, dans la période d’après-guerre, c’est la croissance du PNB qui a causé les taux d’épargne. Ainsi les processus de croissance des USA après la deuxième guerre mondiale semblent avoir été déclenchés par des forces différentes. Il faut être prudent car tous les résultats de l’avant-guerre viennent de la période de la dépression et ne sont donc pas représentatifs. Il faudrait étendre l’étude à des données antérieures. Dans le cas du Japon, dans la période d’avant-guerre, l’épargne n’a pas joué un rôle causal dans le processus de croissance. C’est uniquement dans la période d’après-guerre que les taux d’épargne ont joué ce rôle vis-à-vis de la croissance.

À ce point, les résultats des USA et du Japon indiquent qu’un modèle à trois étages de développement est peut-être plus approprié. On peut spéculer sur le fait que dans les étapes initiales de développement, la croissance est principalement due à des changements institutionnels et non liée à l’épargne. Quand la croissance arrive, elle peut alimenter un augmentation substantielle de l’épargne, surtout si la population n’est pas convaincue d’une augmentation de production permanente. L’épargne substantielle devrait alimenter la seconde étape de croissance. Finalement, l’augmentation des revenus peut être perçue comme permanente, ce qui conduit à une diminution de l’épargne et d’autres facteurs peuvent peut-être aussi influencer, comme le commerce et/ou des changements technologiques devenant dominants. L’étape finale serait la situation des USA tandis que le Japon serait dans la seconde étape. Il serait intéressant d’analyser les pays asiatiques et voir s’ils ont des expériences similaires au Japon, ainsi que d’évaluer un modèle à trois degrés.

Synthèse des études : " The Role of Savings in the Economic Development of the Republic of Azerbaijan / Nagi Bairamli and Vassilis Kostoglou " et " Savings and Economic Growth Nexus : Evidence from Nigeria / Joseph Chukwudi Odionye and Ugochukwu Sebastine Ugwuegbe"

De ce texte je conclus qu’il est difficile de savoir si l’épargne arrive avant la croissance ou l’inverse. Dans le doute il serait préférable de protéger l’épargne, surtout qu’il y a malgré tout de nombreuses indications montrant que celle-ci a eu un effet favorable sur la croissance alors qu’aucune étude n’a montré à ma connaissance que l’épargne détruisait la croissance (sauf étude dans des cas particuliers) ; il existe également de nombreuses études montrant que c’est la croissance qui a conduit à une hausse d’épargne. Ainsi dans le pire des cas l’épargne n’influence pas la croissance et au mieux elle crée la croissance future. C’est pourquoi il ne faudrait pas saisir l’épargne de la population ni la taxer.

Ainsi il y a deux groupes :

Le premier considère que l’augmentation d’épargne stimule la croissance économique, il est supporté par Harrod (1939), Domar (1946) et Solow (1956). Des études empiriques menées par Bebczuk (2000), Alguacil, Cuadros et Orts(2004) et Singh (2009) confirment les hypothèses soutenant que l’épargne amène la croissance. La théorie de la croissance économique stipule que la croissance économique d’un pays augmente si l’investissement dans le capital humain, matériel ou scientifique augmente. Cependant, si un pays a accès aux marchés internationaux, il se peut que celui-ci ne se développe pas plus rapidement si l’épargne domestique n’est pas suffisante, voire qu’elle est remplacée par des capitaux étrangers (Guterries, Solimano, 2007).

Le deuxième groupe de la théorie Keynésiennes stipule que c’est la croissance qui stimule l’épargne. Il est soutenu par Keynes (1936) et par des résultats empiriques par Sinh et Sinh (1998), Saltz (1999), Agawal (2001), Anoruo et Ahmad (2001), Narayan et Narayan (2006) et Abu (2010) qui confirment la postulation Keynésienne.

Ce qui ressort des rapports du Nigeria et de l’Azerbaïdjan est que les investissements étrangers semblent rarement favoriser l’économie domestique et qu’il est préférable que la population locale se finance sa propre économie. C’est probablement la raison pour laquelle le Maroc s’en est mieux sorti que la Libye. De plus selon Obstfeld et Rogoff le meilleur moyen de se développer est par soi-même.

On remarque effectivement que le problème d’investissement est important ; à mon avis l’épargne privée permet une meilleure allocation du capital que les investissements d’état ou institutionnels. En effet, l’épargnant est celui qui doit le plus assumer les conséquences de ses prises de décision, ce qui le rend prudent (pour l’investissement, pas pour la spéculation).

Il est intéressant de noter que ce sont les entrepreneurs puis les emplois générés par ceux-ci qui produisent 82.4 % des revenus en Azerbaïdjan. Ainsi promouvoir l’entreprenariat est important pour la croissance économique d’un pays.

Les taxes qui favorisent l’épargne ont une bonne influence sur celle-ci, selon (Peter et Peter, 2006 p.36). Évidemment c’est la population active qui épargne le plus. Il est à noter que l’investissement à long terme et celui qui profite le plus à la croissance et qu’il faudrait donc promouvoir ces investissements.

Les problèmes majeurs de l’Azerbaïdjan sont ceux liés à la régulation et la supervision, ainsi que des problèmes d’infrastructures des marchés financiers qui conduisent à une illiquidité (Project Information Document, 2008). Un moyen efficace d’améliorer ce genre de situation serait de mettre en place des politiques de régulations sérieuses qui assurent le régime de loi de la finance, ainsi que d’avoir des sociétés intègres en terme de comptabilité et de gouvernance. (OECD Principles of Corporate Governance) et (McGee et Bose, 2008)

Ces solutions nécessitent une volonté politique de réformer le système en Azerbaïdjan.

Conclusion :

Il est ironique de remarquer que l’Economic Survey of Europe de 2001 reconnaît le rôle central de l’investissement et l’épargne dans développement économique mais qu’actuellement l’Europe de Bruxelles veut la confisquer. (Information provenant du document de l’Azerbaïdjan)

Il est aussi inquiétant de voir que la fiabilité des institutions de supervision en Europe et en Amérique se dégrade de façon continuelle depuis au moins 2007. Cela risque de faire perdre confiance aux investisseurs et donc d’influencer la croissance future dans le marché interne. L’idée de taxer davantage les entrepreneurs, les classes inférieures et moyennes, ne semble pas judicieux puisque ce sont eux qui génèrent la plus grande partie des revenus et du développement futur.

Les capitaux étrangers semblent beaucoup moins bénéfiques à l’économie du pays que l’épargne domestique.

Bien qu’il soit difficile de stipuler si la croissance implique la hausse de l’épargne ou l’inverse, je n’ai pas connaissance d’étude indiquant que l’épargne est néfaste à la croissance économique. Dès lors on ne devrait pas détruire ou confisquer l’épargne. De plus, si l’argent a été durement gagné, la personne aura davantage tendance à éviter la mauvaise allocation d’actif que quelqu’un qui reçoit de l’argent et ne subit aucune conséquence de ses erreurs, tel l’état ou les grandes institutions. Ainsi on voit que la fusion des banques est une erreur et qu’il faudrait favoriser l’inverse. En effet, les grandes banques ont moins tendance à souffrir de leurs erreurs du fait que l’état vient les sauver en cas d’effondrement.

La population risque d’épargner beaucoup plus à l’avenir.

En effet il a été constaté que si la population est persuadée que l’avenir économique est mauvais (ce qui est le cas avec le confinement) elle va épargner davantage.

De plus, les tergiversations scientifiques autour du COVID, les études bâclées, les promesses d’un vaccin dans un an - alors qu’il en faut normalement 5 à 10 pour avoir un vaccin efficace et sans risque - risquent de provoquer une perte de confiance dans le progrès technologique et peuvent également augmenter le taux d’épargne.

En outre, la gestion de crise contradictoire fait perdre la confiance dans le gouvernement, ce qui souvent dans l’histoire s’est traduit par un accroissement de l’épargne et ultimement a conduit à de l’hyper-inflation si la confiance était trop érodée.

Même si l’épargne domestique est un levier extrêmement positif dans une économie, il est cependant néfaste que la population change rapidement son niveau d’épargne. Cette action peut déstabiliser l’économie.

Actuellement la confiance envers la monnaie n’a pas encore été touchée, mais si la méfiance dans le gouvernement devenait trop importante, cela impacterait certainement la confiance en la monnaie. Si cela devait arriver, il n’y aurait aucun moyen de la lui redonner. En effet, en marketing, il est bien connu qu’il n’y a rien de plus coûteux que de faire changer d’avis quelqu’un.

Sources

[1] « The role of savings in economic development : The U.S. and Japanese experiences » Dharmendra Dhakal, Richard Grabowski and Michael P.Shields 1992

[2] The Role of Savings in the Economic Development of the Republic of Azerbaijan / Nagi Bairamli and Vassilis Kostoglou (2010)

[3] Savings and Economic Growth Nexus : Evidence from Nigeria / Joseph Chukwudi Odionye et Ugochukwu Sebastine Ugwuegbe (2016)

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Les étudiants acquiescèrent d'un signe de tête, marquant vigoureusement leur accord sur une affirmation que plus de soixante-deux mille répétitions leur avaient fait accepter, non pas simplement comme vraie, mais comme axiomatique, évidente en soi, totalement indiscutable.
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